Dès septembre 2023, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a émis un projet controversé de limite de consommation journalière de cannabidiol (CBD) fixée à 2 milligrammes pour les adultes. Cette proposition provoque un débat intense parmi les acteurs du secteur, compte tenu des limites plus élevées observées dans d’autres pays tels que le Royaume-Uni et le Canada. La consultation publique qui suit devrait permettre aux parties prenantes de s’exprimer avant une éventuelle publication finale de l’avis. Le défi est de concilier sécurité et satisfaction des consommateurs dans un marché en pleine expansion.
Les nouvelles recommandations de l’EFSA concernant le CBD
La note publiée par l’EFSA s’appuie sur une analyse des données scientifiques collectées depuis 2021, soulignant des lacunes dans la compréhension des effets du CBD sur la santé. Parmi les points soulevés, la toxicité hépatique à forte dose et les risques potentiels d’interactions médicamenteuses apparaissent comme des préoccupations majeures. La façon dont l’EFSA établit ses recommandations suscite déjà des critiques au sein de la communauté scientifique.

Normes de sécurité et limites recommandées
En vertu de cette mise à jour, les recommandations actuelles créent un écart évident avec les limites admises dans d’autres régions :
- Royaume-Uni : 10 mg/jour
- Australie : 60 mg/jour
- Canada : 200 mg/jour
Ces chiffres mettent en lumière l’approche particulièrement restrictive de l’EFSA par rapport à d’autres législations internationales. Un document de consultation, intitulé « Mise à jour de l’avis sur la sécurité du cannabidiol (CBD) en tant que nouvel aliment », est ouvert jusqu’au 14 octobre 2025, incitant entreprises et consommateurs à partager leurs perspectives via la plateforme de l’EFSA.
Réactions face à la proposition de l’EFSA
Les rumeurs d’un seuil aussi bas ont immédiatement provoqué des réactions dans le secteur. Des acteurs comme l’Union des Industriels pour la valorisation des extraits de chanvre (UIVEC) soulignent que la possibilité de consommer sans restriction majeure de CBD, sans obstructions notables pour la santé publique, rend ce chiffre difficile à justifier. Certaines critiques visent la méthodologie employée par l’EFSA pour évaluer les risques.
Critiques méthodologiques
Des experts tels que Jérôme Le Bloch questionnent la sélection des études sur laquelle se fonde l’EFSA. Sa position semble ignorer une partie significative de la littérature existante :
- Manque de transparence sur les études incluses.
- Critique d’un unique critère de sécurité pour déduire une limite si basse.
- Pérennité des données sur les effets à long terme encore incertaine.
Les professionnels du secteur estiment qu’il est crucial que les entreprises apportent des données de sécurité durant cette période de consultation pour influencer la décision finale de l’EFSA.
État actuel de la régulation du CBD en Europe
À ce jour, l’Union européenne n’a pas de cadre unique pour les produits à base de CBD. Cette situation reste particulièrement fragmentée, chaque État membre décidant de suivre ou non les recommandations de l’EFSA. Il convient de noter que le seul médicament à base de CBD autorisé est l’Epidyolex, utilisé dans le traitement de certaines formes d’épilepsie. En France, des inquiétudes sont également apparues sur le classement du CBD comme substance potentiellement toxique pour la reproduction.

Comparaison des réglementations au niveau international
Voici un aperçu simplifié des limites de consommation de CBD dans différents pays :
| Pays | Limite de CBD (mg/jour) |
|---|---|
| Europe (EFSA) | 2 |
| Royaume-Uni | 10 |
| Australie | 60 |
| Canada | 200 |
Vers quel avenir pour le marché du CBD en Europe ?
En pleine croissance, le marché du CBD est observé avec un intérêt croissant tant par les consommateurs que par les investisseurs. L’issue de la consultation de l’EFSA pourrait avoir des ramifications significatives pour le développement de nouveaux produits. Les entreprises comme Nature & CBD, Kanavape, Weedy et Greeneo se tiennent prêtes à s’adapter aux évolutions réglementaires. La confiance des citoyens et le développement durable de l’industrie seront testés dans ce contexte réglementaire remodelé.
Source: www.newsweed.fr

