À Montbéliard, le bureau de tabac La Régence a fermé après 22 ans d’activité en centre-ville. Repris par Christian Heck et son épouse en mai 2004, le commerce ne pouvait plus faire face à une trésorerie en baisse, malgré des investissements récents et une offre diversifiée. Son propriétaire, âgé de 62 ans, aurait souhaité poursuivre encore quelques années, mais a choisi de mettre fin à cette aventure. Le fonds de commerce est désormais à vendre.
La Régence ferme après 22 ans au cœur de Montbéliard
Le dernier jour d’ouverture a marqué la fin d’activité de ce petit commerce de centre-ville. Christian Heck avait repris l’établissement avec son épouse après avoir quitté Alstom dans le cadre d’un plan de départ. Il y a accueilli des habitués pendant plus de deux décennies, certains étant devenus des amis.
À 62 ans, le buraliste aurait aimé continuer « deux ou trois années de plus ». La décision de fermer, prise vers la fin du mois d’août après une période de difficultés croissantes, s’est imposée à mesure que la trésorerie diminuait. « Il fallait stopper l’hémorragie », résume-t-il.
Une clientèle et des habitudes qui ont évolué
Depuis la reprise en 2004, le marché a profondément changé. Christian Heck compare le prix d’un paquet de cigarettes, passé selon lui de 5,60 euros à 13,50 euros, et constate que les fumeurs sont moins nombreux : certains ont arrêté, d’autres se fournissent à l’étranger ou se sont tournés vers la cigarette électronique.
Pour maintenir l’activité, La Régence avait élargi ses services. Il y a deux ans encore, le commerçant investissait dans une borne PMU et un téléviseur permettant de suivre les courses. Le CBD et la cigarette électronique avaient également rejoint l’offre du bureau de tabac.
Une trésorerie fragilisée et une concurrence dénoncée
Christian Heck attribue aussi la fermeture à ce qu’il décrit comme une concurrence déloyale. Il affirme que certaines épiceries de nuit vendraient des cigarettes à un prix inférieur à celui auquel il les achète. Cette situation, combinée à la baisse de fréquentation, a rendu la poursuite de l’activité trop difficile.
Les périodes de passage, comme le marché de Noël ou la saison touristique estivale, n’ont pas suffi à compenser les difficultés du quotidien. La fermeture d’autres commerces du secteur a également pesé sur l’attractivité du quartier, La Régence faisant face aux anciens locaux des chaussures Jean-Pierre.
| Repère | Élément concernant La Régence |
|---|---|
| Reprise du commerce | Mai 2004, par Christian Heck et son épouse |
| Durée d’activité | 22 ans |
| Dernier jour d’ouverture | Le jeudi précédant l’annonce de la fermeture |
| Situation du fonds | Mis en vente par son propriétaire |
La vente du fonds, un espoir pour la vie locale
Christian Heck est propriétaire des murs et espère trouver un repreneur pour le fonds de commerce. Les locaux, de petite taille, nécessitent un rafraîchissement, mais leur emplacement en centre-ville constitue un atout pour un futur projet.
La disparition de cette adresse rappelle le rôle discret du commerce de proximité : au-delà des ventes, il crée des repères et des échanges réguliers. Pour les commerçants comme pour les clients fidèles, chaque fermeture transforme un peu la vie locale.
Un commerce diversifié qui n’a pas résisté aux difficultés
La trajectoire de La Régence illustre les défis auxquels sont confrontés les buralistes : évolution des usages, baisse du nombre de clients fumeurs et nécessité de proposer d’autres services. Les investissements réalisés montrent que l’établissement a tenté de s’adapter, sans parvenir à enrayer l’érosion de sa trésorerie.
- Élargir les services avec une borne PMU et la diffusion des courses.
- Suivre les nouveaux usages en proposant notamment des produits liés au CBD et à la cigarette électronique.
- Préserver le lien avec les habitués, malgré le recul de la fréquentation et les changements du centre-ville.
Le fonds de commerce reste à vendre. Une reprise pourrait ainsi donner une nouvelle destination à ce local et maintenir une activité commerciale à cette adresse de Montbéliard.
Source: www.estrepublicain.fr

